Open Data: A mi-chemin, ou en est l’initiative gouvernementale?

ParJustin YARGA

Open Data: A mi-chemin, ou en est l’initiative gouvernementale?

Open Elections. Vous connaissez ? Surement oui. Et peut être mieux que le portail Data.gov, les applications Nendo et ViMap. L’application, (web et mobile) Open Election qui a permis au monde entier de suivre, minute après minute les résultats des élections présidentielles burkinabè de novembre 2015 fait partie, avec tant d’autres outils, des résultats tangibles de la mise en œuvre du projet Burkina Faso Open Data Initiative (BODI).

Des résultats assez probants de réutilisation des données publiques (et qui militent donc pour leur ouverture) ne manquent pas, obtenus grâce à un Grant de 150 millions octroyé par la Banque mondiale, principal partenaire de BODI. Cet appui est destiné principalement à rendre disponible les données et à construire un écosystème de l’Open Data au Burkina Faso. Un atelier bilan de la mise en œuvre du Grant a permis de faire le diagnostic d’un travail de 18 mois, mené par l’équipe du projet, en collaboration avec la société civile.

Le Grant a permis de lancer le portail data.gov, et de le fournir avec 261 jeux de données, des secteurs de l’éducation, de la santé, les TICs, l’agriculture. Il a également permis de montrer l’exemple, en matière de réutilisation des données, par le développement de quatre applications. Parmi elles, la plus connue reste l’application Open Election qui a participé à la transparence des élections de novembre 2015. D’autres applications ont été développées à partir de données ouvertes notamment dans le domaine de l’éducation avec « Nos écoles, nos données » NENDO, et dans le domaine des marchés publics avec ViMap sur les marchés publics.

Cap sur l’avenir

L’un des fleurons du projet? L’écosystème Open Data, construit sur la base d’une collaboration inédite entre administration publique, société civile et secteur privé. Le rapport d’exécution du Grant fait ressortir en effet que : « En 2013, le concept de l’ouverture des données était embryonnaire, mais grâce à l’appui de la Banque Mondiale le projet Burkina Open Data Initiative a pu mener des activités qui ont fortement contribué au développement de l’écosystème Open Data au Burkina. » Les bons résultats de BODI illustrent la collaboration réussie entre le gouvernement, le secteur et une société civile, marquée par sa jeunesse et ses ambitions entrepreneuriales. On compte déjà dans cet écosystème un certain nombre d’organisations travaillant dans divers secteurs et utilisant les données ouvertes, tel que Open Burkina, Beog-Neeré, Ouaga Lab, Open Street Map Burkina, Jokkolabs.

Le Secrétaire permanent du programme sectoriel des transport, Toé Olivier a qualifié le Grant de « ballon d’essaie qui a permis de voir qu’il y a de la matière, de l’intérêt, mais également de mesurer les difficultés. » En effet, pour la suite l’équipe du projet doit relever le défi d’aborder, selon une  priorité pertinente, les différents secteurs producteurs de données, de même que celui de la mobilisation des acteurs. Selon le Directeur général de l’Agence nationale de promotion des TICs, Alfred Sawadogo, l’ambition de BODI c’est que tout le monde s’approprie l’ouverture des données. Mais déjà, le plus urgent pour l’écosystème Open Data c’est de mettre l’accent sur l’impact et la visibilité dans les initiatives en cours.

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